Wadie El Awad
Directeur - Bureau de Nantes
Dévouée à la cause du « mieux vivre ensemble », Promévil est une association de médiation sociale créée en 1995. Elle poursuit aujourd’hui sa mission d’utilité publique en professionnalisant le métier de médiateur. Les 245 médiateurs de Promévil interviennent chaque jour dans 5 départements d’Île-de-France, notamment dans les transports en commun (8 lignes SNCF), dans les établissements publics (piscines, hôpitaux, antennes Pôle Emploi…) et dans les quartiers sensibles, avec pour mission d’assurer la tranquillité de tous et de réduire les incivilités. En tant que premier opérateur de la médiation sociale en France, Promévil participe aux politiques locales de tranquillité publique et d’insertion durable.
En tant qu’association d’utilité publique, Promévil bénéficie de subventions de l’Etat, notamment à travers des contrats aidés pour employer ses médiateurs. Afin de mesurer et de valoriser son impact sur le territoire sur 2015-2016, Promévil a fait appel à Goodwill-management, qui a mis en œuvre deux méthodologies :
Cette étude démontre que la médiation sociale permet à l’Etat et à la SNCF de réaliser des économies et de soutenir des emplois. Ainsi, l’empreinte socio-économique territoriale de Promévil est largement positive ( ses bénéfices sont supérieurs aux subventions).
Au total, Promévil contribue à la création et au soutien de 440 emplois et génère une création de richesse de 20,2 millions d’euros en Ile-de-France.
Lorsque l’on met ce résultat en parallèle avec le montant des subventions de l’Etat versées à Promévil dans le cadre du dispositif « contrats aidés », nous obtenons un multiple de retour sur investissement de 13,4 (création de richesse / subventions de l’Etat perçues par Promévil). Cela signifie que pour 1 € investi par l’Etat, Promévil lui rapporte 13,4 €.
Les médiateurs en charge des regroupements au pied des immeubles ont diminué les nuisances sonores et donc les dépenses de santé des habitants, soit une économie de 788 € par personne gênée par an, selon les données des autorités sanitaires. En effet, les individus, qui dorment mal consultent, ont des arrêts de travail, achètent des médicaments. Quant aux interventions policières évitées, l’étude se base sur le coût horaire d’un fonctionnaire (51 €), son salaire et les dépenses en carburant notamment.
En ce qui concerne les transports, la médiation permet de sensibiliser les usagers pour diminuer la fraude, éviter un accident de voyageur ou le déclenchement du signal d’alarme. Outre les 3 M€ économisés par la SNCF et les 2,4 M€ par la société civile, ces retards évités permettent aux médiateurs de « se concentrer sur leur cœur de métier ».
Cette étude permet, de battre en brèche le cliché selon lequel « les emplois aidés, c’est pour les jeunes désœuvrés, pour les occuper » et d’apporter un autre point de vue aux récents propos d’Emmanuel Macron qui estime que « Un contrat aidé, c’est un contrat à court terme subventionné par l’État. Un contrat aidé, ce n’est pas la bonne solution quand il n’y a pas une formation à la clé pour trouver un emploi » : formés puis accompagnés dans leur projet professionnel, les salariés de Promevil développent des compétences relationnelles, de gestion de stress. A la fin du dispositif, certains deviennent ambulanciers, d’autres policiers, cheminots ou gardiens d’immeuble. Rien qu’en 2015, l’insertion professionnelle (CDI, CDD de plus six mois ou formation) de ces ex-médiateurs a fait économiser 3,1 M€ à l’Etat. « A terme, on en fait des contribuables qui créent de la valeur ajoutée par leur travail, paient des impôts et consomment localement. C’est cela qui permet de maintenir cette solidarité. »