Arnaud Bergero
Directeur général - Goodwill-management - Référent mondial RSE - Baker Tilly International - Associé - Baker Tilly - Professeur à Sciences Po Paris
Avec les nouvelles obligations européennes dont la CSRD, l’ESG a été perçu comme une contrainte réglementaire. Mais dans un contexte de simplification, ce cadre évolue, et avec lui, la façon d’aborder le sujet. Dans une interview réalisée à Varsovie, Arnaud Bergero (Directeur général de Goodwill-management et Référent mondial ESG de Baker Tilly International) et Katarzyna Chwalbińska-Kusek (Head of ESG Advisory, Baker Tilly TPA) l’affirment sans détour : l’ESG est devenu un facteur central de compétitivité et pourrait coûter cher aux entreprises qui tardent à l’intégrer.
Le premier réflexe est souvent de traiter l’ESG comme un chantier à part, décorrélé de la stratégie globale. C’est précisément l’écueil à éviter. « Il n’existe pas une stratégie d’entreprise d’un côté et une stratégie ESG de l’autre, explique Katarzyna Chwalbińska-Kusek. Il y a un fil conducteur entre les deux. C’est une stratégie intégrée. »
Cette intégration n’est pas un idéal théorique : elle répond à des pressions concrètes, que l’entreprise subit au quotidien. Les donneurs d’ordre intègrent désormais des critères ESG dans leurs appels d’offres. Les investisseurs et les banques conditionnent les conditions de financement aux engagements ESG. Les collaborateurs attendent du sens, des valeurs et de la transparence de leur employeur. Sans compter la réglementation qui continue d’évoluer.
L’argument le plus convaincant reste souvent le plus simple. Arnaud Bergero cite le cas d’une entreprise venue le consulter après avoir perdu un appel d’offres face à un concurrent mieux positionné sur l’ESG. « Il savait que son concurrent n’était pas vraiment bon sur le sujet, mais lui n’avait rien formalisé. Il ne voulait plus perdre un marché pour cette raison. »
Ce cas illustre une réalité que les équipes Baker Tilly observent à l’international : l’ESG crée un avantage concurrentiel mesurable, et son absence un risque commercial chiffrable. Remporter un contrat à 500 000 € grâce à une stratégie ESG solide, c’est un retour sur investissement tangible. Perdre un client faute d’en avoir une, c’est un coût tout aussi réel.
Au-delà de l’avantage commercial, l’ESG génère de la valeur à travers 4 autres leviers :
L’ESG n’est pas un projet ponctuel. C’est une démarche de long terme. Montée en compétences, diagnostic, identification des enjeux matériels prioritaires, puis mise en place d’actions concrètes : pour de nombreux clients, nos accompagnements se déroulent sur plusieurs années. L’enjeu n’est pas de devenir en deux ans le champion ESG de son secteur, mais d’avancer sur ce qui compte vraiment pour son activité, que ce soit l’empreinte carbone, les pratiques RH ou encore l’efficacité énergétique et de progresser pas à pas.
Une condition s’impose tout au long du parcours : communiquer, sans greenwashing. Ne pas communiquer sa démarche, c’est prendre le risque de perdre des clients qui ne la voient pas. Communiquer sans fondement solide, c’est s’exposer à une perte de crédibilité durable.
Nos accompagnements suivent trois grands principes : une orientation avantage concurrentiel plutôt que simple conformité, une expertise internationale ancrée dans les réalités locales de chaque marché, et un pragmatisme assumé au service du mid-market. Les recommandations se traduisent en actions concrètes et le client repart avec la connaissance, pas seulement un livrable.
En 2026, la question n’est plus « faut-il s’engager dans l’ESG ? ». Elle est : « comment l’intégrer pour qu’il devienne un vrai moteur de performance ? »
Pour aller plus loin, Arnaud Bergero, Katarzyna Chwalbińska-Kusek et Harsh Maheshwari, Global Advisory Services Leader, Baker Tilly International reviennent sur ces enjeux dans une interview vidéo réalisée à Varsovie dans le cadre des travaux de Baker Tilly International. Une conversation directe, ancrée dans des cas concrets, sur ce que signifie vraiment intégrer l’ESG à sa stratégie.