EcoVadis annonce 2 mises à jour de sa méthodologie d’évaluation, en octobre 2026 et janvier 2027.

Ces changements concernent plusieurs dimensions importantes de l’évaluation : matérialité, reporting, objectifs quantitatifs, biodiversité, travail temporaire et attribution des médailles.

Voici les principaux changements à retenir.

EcoVadis fait évoluer sa méthodologie d’évaluation RSE à deux échéances : le 14 octobre 2026 et le 12 janvier 2027.

Ces mises à jour concernent plusieurs dimensions de la notation : objectifs quantitatifs, indicateurs de reporting, biodiversité, matérialité et règles d’attribution des médailles.

Pour les entreprises évaluées, les conséquences sont concrètes : certains justificatifs devront être complétés, les indicateurs renseignés pourront évoluer et les nouvelles règles de classement annoncées pour 2027 pourraient modifier les conditions d’obtention des médailles.

Quels changements faut-il retenir ? Comment peuvent-ils influencer votre évaluation et que préparer dès maintenant ? Décryptage des principales évolutions.

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Octobre 2026 : des exigences renforcées sur les objectifs, le reporting et les justificatifs

Depuis le 14 octobre 2026, plusieurs modifications de la méthodologie EcoVadis sont entrées en application. Elles visent notamment à améliorer la qualité des données communiquées par les entreprises et la précision des résultats d’évaluation.

Des objectifs quantitatifs qui devront être davantage documentés

Premier changement : les objectifs quantitatifs renseignés dans les questions relatives aux politiques RSE doivent obligatoirement préciser une année de référence (baseline year).

Jusqu’à présent, les objectifs devaient notamment préciser une valeur cible et une année cible. Pour les questionnaires soumis à partir du 14 octobre 2026, il faudra désormais pouvoir identifier clairement le point de départ permettant de mesurer les progrès.

Par exemple : Réduire de 50 % les émissions absolues de GES des scopes 1 et 2 d’ici 2030, par rapport à l’année de référence 2020.

Cette précision permet de mieux apprécier la portée de l’objectif et de suivre son évolution dans le temps.

Ce qu’il faut retenir

Les objectifs quantitatifs présentés dans le questionnaire doivent comporter trois éléments :

  • Une année de référence ;
  • Une valeur cible ;
  • Une année cible. 

Les entreprises ont donc intérêt à revoir les objectifs figurant dans leurs politiques RSE, leurs plans d’action et leurs documents justificatifs, afin de s’assurer de leur cohérence.

Le reporting devient plus ciblé et plus comparable

EcoVadis réorganise également les questions de reporting afin de concentrer davantage l’évaluation sur les enjeux matériels et sur des données comparables.

Les anciennes options générales, telles que « autres indicateurs liés à l’eau » ou « autres indicateurs liés à la santé et sécurité », sont désormais rattachées aux critères concernés.

De nouveaux indicateurs standardisés font également leur apparition, notamment sur :

  • la biodiversité ;
  • l’utilisation et de la fin de vie des produits ;
  • la santé et sécurité des clients ;
  • les conditions de travail ;
  • le dialogue social ;
  • le travail des enfants et le travail forcé ;
  • les droits humains des parties prenantes externes.

Par exemple, EcoVadis peut désormais prendre en compte des données telles que le taux de turnover, la part des salariés couverts par des représentants élus ou des accords collectifs, ou encore le nombre d’incidents identifiés liés au travail des enfants ou au travail forcé.

Cette évolution rapproche le questionnaire de plusieurs référentiels internationaux, notamment le GRI, les ESRS, les normes de l’ISSB et le référentiel volontaire européen de durabilité, Voluntary Standard (VS/ex-VSME). 

 

Le critère Biodiversité intègre de nouvelles pratiques

Le 14 octobre 2026, EcoVadis fait également évoluer son critère Biodiversité, afin de renforcer son alignement avec certaines exigences réglementaires internationales, notamment le devoir de vigilance européen (CSDDD) et son Annexe II.

Pour les entreprises de taille Medium et Large concernées, une nouvelle option permet notamment de documenter les actions visant à atténuer les impacts sur la biodiversité liés à l’utilisation d’organismes vivants modifiés.

Cette évolution concerne notamment certaines activités agricoles, pharmaceutiques, scientifiques, aquacoles ou liés aux semences.

Au-delà de cette modification spécifique, les entreprises ont intérêt à mieux documenter les effets de leurs activités sur la biodiversité : pressions exercées sur les milieux naturels, dépendances aux services écosystémiques, risques associés et mesures de prévention ou de réduction mises en œuvre.

Il ne s’agit toutefois pas d’une nouvelle exigence uniforme pour toutes les entreprises : les critères pris en compte dépendent notamment de leur secteur d’activité et de leur taille.

Une meilleure lisibilité du scorecard

EcoVadis renforce également la précision des informations restituées aux entreprises après leur évaluation.

Depuis octobre 2026, de nouvelles forces et axes d’amélioration spécifiques aux indicateurs de reporting sont introduites pour les thèmes Éthique et Achats responsables.

Les entreprises peuvent ainsi mieux identifier les indicateurs évalués, comprendre leurs résultats et cibler plus précisément les améliorations à apporter. La méthodologie de notation de ces indicateurs reste inchangée : cette évolution concerne principalement la transparence et la précision du retour fourni dans la scorecard (fiche d’évaluation).

Par ailleurs, EcoVadis clarifie l’utilisation des options « Other » dans le questionnaire. Leur sélection reste facultative et le fait de ne pas les renseigner n’entraîne pas de pénalité lorsque les autres réponses répondent aux exigences de notation et sont correctement documentées.

Janvier 2027 : une évolution annoncée de la matérialité et des règles d’attribution des médailles

Une deuxième série de changements est annoncée pour le 12 janvier 2027. Elle concerne notamment la prise en compte des risques de durabilité et le positionnement des entreprises dans le classement EcoVadis.

Une analyse de matérialité davantage contextualisée

EcoVadis prévoit de faire évoluer son approche de la matérialité afin de mieux prendre en compte la gravité et la probabilité des risques associés aux activités évaluées. 

Cette évolution intégrerait notamment :

  • Le secteur d’activité ;
  • Le pays ;
  • La taille de l’entreprise ;
  • Le profil de risque propre à l’organisation.

Elle concernera les 21 critères de durabilité, la pondération des différents thèmes et certains facteurs de risque pays.

Pour les entreprises évaluées, cela renforce l’intérêt de disposer d’une analyse de matérialité structurée, régulièrement actualisée et cohérente avec les activités, les pays d’implantation et les principaux risques de l’organisation.

Cette évolution s’inscrit dans une volonté d’alignement plus étroit avec les principes directeurs de l’OCDE, la CSDDD et la CSRD.

Des médailles EcoVadis attribuées selon un classement par taille d’entreprise

C’est l’un des changements annoncés les plus importants pour les entreprises évaluées.

À partir du 12 janvier 2027, les règles d’attribution des médailles EcoVadis seront également adaptées.  Les seuils de score seront calculés séparément pour chaque catégorie de taille. Auparavant, toutes les entreprises de toutes les tailles confondues étaient mélangées dans le même classement général.

Les niveaux de percentile resteront inchangés :

  • Platine : top 1 %
  • Or : top 5 %
  • Argent : top 15 %
  • Bronze : top 35 %

L’objectif est de mieux comparer les entreprises avec des organisations présentant des niveaux de ressources et de complexité opérationnelle comparables.

Les autres évolutions à connaître

Le référentiel volontaire européen de durabilité (VS/VSME)

EcoVadis actualise également sa terminologie et ses recommandations concernant le Voluntary Standard (VS/ex-VSME) afin de tenir compte des évolutions réglementaires européennes.

Les rapports établis selon les précédentes lignes directrices VSME restent acceptés pour les cycles concernés, tandis que les nouveaux rapports pourront être analysés selon les distinctions entre informations obligatoires et volontaires du nouveau cadre.

La mise à jour de la liste des pays à risque extrême

En septembre 2026, EcoVadis a également actualisé sa liste des pays présentant des risques extrêmes en matière de droits humains et de conflits. Haïti et la Syrie ont notamment été ajoutés à la liste des pays dont les entreprises ayant leur siège dans ces territoires sont exclues de l’évaluation Sustainability Rating. Cette évolution ne concerne pas les entreprises dont le siège est situé ailleurs mais qui disposent d’activités dans ces pays.

Auteur

photo Antoine Payot - Goodwill-management

Antoine Payot

Chef de projet senior