Mathilde Richomme
Cheffe de projet
Le secteur des cafés-hôtels-restaurants fait face à une évolution profonde des attentes : voyageurs plus exigeants, plateformes valorisant les démarches durables, réglementation environnementale renforcée et pression accrue des investisseurs…
D’après un article sur le tourisme durable paru en 2025 sur Booking.com, la volonté de voyager durablement progresse : 79 % des voyageurs à l’échelle mondiale y accordent désormais une importance prioritaire.
Une enquête pour l’ADEME montre que 78 % des Français accordent leur confiance aux labels environnementaux, un signal fort pour les établissements touristiques cherchant à crédibiliser leur engagement.
Dans ce contexte, obtenir une labellisation permet aux hôtels :
Selon L’Hôtellerie-Restauration (2023), plus de 50 labels et certifications coexistent aujourd’hui dans les établissements touristiques, parmi lesquels Clef Verte (Green Key), Écolabel européen, Green Globe, Agir pour un Tourisme Responsable, Fair Trade Tourism, Gîtes Panda ou encore Écotable.
Cette profusion traduit un réel dynamisme du secteur en matière de développement durable. Elle complexifie néanmoins la lecture, tant pour les établissement que pour les clients, confrontés à des référentiels aux exigences, périmètres et niveaux de reconnaissance très variables.
Dans cet écosystème foisonnant, trois labels, principalement orientés vers l’hôtellerie, se distinguent par leur notoriété, la robustesse de leur cahier des charges et leur implantation : Clef Verte, Écolabel européen et Green Globe.

Portée et implantation :
Exemples d’hôtels labellisés : hôtels Ibis, Novotel, Mercure, Best Western, Trianon, Campanile, Hyatt, Le Méridien
Exemples de restaurants labellisés : Blue Beach, Ruhl Plage, Chez le Pèr’Gras, Le Cheval Blanc, La Marmite
Pour quels établissements et quel niveau de maturité RSE ?
Clef Verte s’adresse à une large variété d’hébergements touristiques et de restaurants. Le label est particulièrement adapté aux établissements ayant un niveau d’avancement RSE débutant à intermédiaire, c’est-à-dire ayant déjà identifié les principaux enjeux environnementaux de leur activité ou souhaitant structurer une première démarche cohérente.
Le référentiel repose sur des critères impératifs liés à la gouvernance environnementale, à la formation des équipes, à la sensibilisation de la clientèle et au suivi des consommations, complétés par une logique d’amélioration continue à travers des critères conseillés à activer progressivement.
Cette approche permet aux établissements d’avancer par étape, sans exiger immédiatement des investissements lourds ou des performances techniques élevées. Clef Verte constitue ainsi un cadre structurant pour formaliser une démarche environnementale existante ou amorcer une trajectoire de progrès, en restant compatible avec des niveaux de maturité RSE hétérogènes.
Déroulé de la candidature au label Clef Verte :
Une candidature au label Clef Verte, donnant lieu à une labellisation durant 1 an, peut se dérouler selon 2 parcours :
Tarification
Les tarifs varient selon le type d’établissement et sa taille :

Portée et implantation :
Exemples d’hébergements touristiques labellisés : Hôtel Le Petit Paris, Hôtel Brady, Camping La Venise Verte, Villages vacances Ceveo, Gîtes Green Folies
Pour quels établissements et quel niveau de maturité RSE ?
L’Écolabel européen concerne exclusivement les hébergements touristiques et s’adresse davantage à des établissements disposant d’un niveau d’avancement RSE intermédiaire à avancé, en particulier sur les volets énergie, eau et équipements techniques. Le référentiel impose des critères obligatoires stricts et un système de points à atteindre sur des critères optionnels couvrant l’ensemble des impacts environnementaux directs de l’exploitation. Le suivi précis des consommations, les exigences normées sur les systèmes de chauffage, de climatisation, d’éclairage ou de robinetterie, ainsi que les obligations de vérification sur site, impliquent une organisation déjà structurée et une capacité à produire des données fiables.
L’Écolabel européen est ainsi particulièrement adapté aux établissements ayant engagé des rénovations, disposant d’équipements performants ou souhaitant démontrer une performance environnementale objectivée, reconnue dans un cadre institutionnel européen.
Déroulé de la labellisation :
La demande de certification à l’Ecolabel européen débute par le dépôt du dossier : l’établissement doit répondre à 67 questions (22 obligatoires). AFNOR Certification, seul organisme désigné par l’État pour délivrer le label en France, vérifie la conformité de l’établissement aux critères exigés dans le référentiel de certification. L’établissement est ensuite audité sur site, puis l’AFNOR délivre la certification. Suivant la certification Écolabel européen, un audit de suivi est prévu tous les 2 ans.
Tarification :
Pour un hôtel en France, le coût de l’Écolabel européen sur 3 ans se décompose ainsi :
Au total, sur un cycle de trois ans, le coût global pour un hôtel se situe entre 4 000 et 9 000 €.
Site Ecolabel européen
Portée et implantation :
Exemples d’hébergements touristiques membres : Club Med La Plagne 2100, InterContinental Paris – Le Grand Hôtel, Puy du Fou France, Hôtel de Paris Monte-Carlo, InterContinental Carlton Cannes, Camping La Fontaine du Hallate
Pour quels établissements et quel niveau de maturité RSE ?
Green Globe s’adresse à une large gamme d’acteurs du tourisme, et notamment aux hôtels et resorts souhaitant inscrire leur démarche dans une approche RSE globale et transversale. Le label est particulièrement pertinent pour des établissements présentant un niveau d’avancement RSE avancé, voire structuré de longue date.
Son référentiel couvre non seulement les enjeux environnementaux, mais aussi les dimensions sociales, économiques, culturelles et de gouvernance, en s’inspirant des grands cadres internationaux de la RSE. Moins prescriptif sur des seuils techniques précis que l’Écolabel européen, Green Globe met l’accent sur la formalisation d’un système de management durable, la cohérence des politiques internes, l’ancrage territorial et l’amélioration continue. Il correspond ainsi à des établissements cherchant à piloter leur performance ESG de manière globale, à structurer une stratégie RSE mature et à la rendre lisible pour une clientèle et des partenaires internationaux.
Déroulé de la labellisation :
La certification Green Globe débute par l’inscription de l’établissement comme membre Green Globe et son engagement formel dans la démarche. L’établissement accède ensuite à la plateforme en ligne pour consulter le référentiel de certification, composé de 45 critères dont 44 obligatoires, et prépare les documents et preuves nécessaires. Une équipe interne est généralement mobilisée pour piloter la démarche. L’établissement choisit ensuite un auditeur tiers accrédité, qui réalise un audit initial sur site afin d’évaluer la conformité au standard Green Globe. Une fois la certification obtenue, celle-ci doit être maintenue chaque année, avec un engagement de progrès continu. Ce suivi repose sur un audit annuel réalisé par un tiers indépendant, alternant entre audit sur site et audit à distance : l’audit initial est effectué sur site, l’audit de la deuxième année est réalisé à distance, puis les audits alternent ensuite chaque année entre ces deux formats.
Tarification :
Les frais Green Globe pour les hôtels dépendent uniquement du nombre de chambres. Il s’agit de frais d’adhésion annuels, qui n’incluent pas les frais d’audit indépendant.
Pour les hôtels et resorts, l’adhésion annuelle est comprise entre 715 € pour les moins de 20 chambres et 4 950 € pour les hôtels de 250 chambres et plus.
Site Green Globe| Labels | Clé Verte (Green Key) | Écolabel européen | Green Globe |
| Implantation | +8 000 établissements dans environ 90 pays dont 2 400 en France | +800 établissements en Europe dont 350 en France | +800 établissements dans environ 80 pays dont 70 en France |
| Niveau de maturité | Débutant à intermédiaire | Intermédiaire à avancé | Avancé/structuré (selon le niveau décerné : certifié/gold/platinium) |
| Thématiques |
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| Coût | De 800 € à 1 800 € pour un hôtel ou de 550 € à 800 € pour un restaurant |
Année 1 : dépôt du dossier, audit initial, première redevance annuelle : entre 2 000 et 4 000 € selon la taille de l’établissement Année 2 : redevance annuelle : entre 350 et 1 800 € Année 3 : redevance annuelle, audit de suivi obligatoire : entre 1 800 à 3 500 € Au total, sur un cycle de trois ans, le coût global pour un hôtel se situe entre 4 000 et 9 000 € |
Système d’adhésion annuelle dépendant de la taille de l’établissement entre 715 € pour les hôtels de moins de 20 chambres et 4 950 € pour les hôtels de 250 chambres et plus
+ coût de l’audit facturé séparément |
| Référentiel | Entre 57 et 69 critères impératifs et entre 38 et 51 critères conseillés | 67 critères dont 22 obligatoires et 45 critères optionnels | 67 critères dont 22 obligatoires et 45 critères optionnels |
| Durée de validité | 1 an | 3 ans | 1 an |
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