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Ces entreprises qui redécouvrent le charme de Paris

Les entreprises déménagent au gré des oscillations du marché immobilier. Longtemps attentives au seul couple loyer + charges, beaucoup sont revenues de ces économies à tout prix. De plus en plus, celles qui souhaitent conserver leur capital humain, demeurer visibles et performantes, choisissent Paris.

image ces entreprises charme paris

Stopper l'hémorragie des cadres

Paris ou banlieue ? Centre ou périphérie ? Depuis plus de vingt ans, le pendule oscille entre ces deux pôles, au gré des soubresauts du marché des bureaux. « Les loyers montent à Paris jusqu'à atteindre des prix trop élevés qui chassent les entreprises vers la banlieue. Lorsque la capitale désertée retrouve des valeurs raisonnables, les locataires reviennent. » « Cela a fonctionné tant que l'on réduisait le coût immobilier à la somme du loyer, des charges et de la fiscalité. La banlieue était toujours gagnante, ce qui a permis d'étendre le quartier de la Défense, de développer des bureaux jusque dans les villes nouvelles… Il y avait de la place, on construisait… Depuis, de nombreuses études ont montré que d'autres paramètres, moins quantifiables mais bien réels, modifiaient le coût global », explique Dimitri Boulte, directeur général de la Société Foncière Lyonnaise (SFL), dont le patrimoine est essentiellement parisien. La foncière a lancé plusieurs études sur le sujet pour tenter de comprendre et d'anticiper les va-et-vient des entreprises.
Parmi ces externalités positives et négatives, l'emplacement de l'immeuble, mais aussi son accessibilité, la manière dont il est aménagé, son confort acoustique, ses vues, ses installations techniques…

Tout ce qui fait de ce lieu de travail un outil plus ou moins utile à l'entreprise, comme le serait une usine, résume Alan Fustec, président de Goodwill-Management, un bureau de conseil spécialisé dans l'environnement de travail.

Ainsi sont mis en équation les trajets domicile-travail, mais aussi les arrivées tardives et les départs plus tôt, lorsque l'immeuble est éloigné des transports en commun, son éventuelle toxicité s'il n'est pas correctement ventilé, l'absentéisme s'il est trop… déprimant.

Se dessine une valeur d'usage, le nouveau Graal des bailleurs et des locataires, plus seulement liée au nombre de mètres carrés, ni même au nombre de postes de travail qu'il est possible d'y installer, mais plutôt au bien-être supposé de ses futurs occupants, facteur de leur… productivité. « On peut calculer combien de temps on perd à trouver une salle de réunion, à atteindre une machine à café, à descendre d'un étage pour accéder à un autre service ou de dix pour sortir fumer une cigarette s'il n'y a pas de terrasses, explique Olivier Haye, directeur de la maîtrise d'ouvrage de Gecina. Quels sont les services qui ne se rencontrent jamais et gagneraient à se connaître ? Comment l'espace peut les y aider ? »

Des coûts cachés

Tout le monde a l'intuition que plus c'est loin, moins c'est bien, mais tout dépend du type d'entreprise, de là où habitent ses salariés, développe Alan Fustec, chiffres à l'appui.

L'étude de plusieurs cas concrets montre qu'un déménagement de Paris à la Défense ou vers la petite couronne peut entraîner une perte de 4 à 10 % de temps de travail effectif des cadres : trajet domicile-travail étiré de vingt à trente minutes, allongement des déplacements des commerciaux, liaison plus longue avec les autres sites… A quoi s'ajoute la hausse potentielle de 25 à 30 % des coûts associés (taxis, coût d'exploitation des véhicules de fonction…). La dépense supplémentaire peut atteindre 3.400 euros par salarié et par an. Et encore, ce calcul ne tient pas compte des défections possibles lors du déménagement et des coûts de recrutement pour les remplacer. Le choix d'un couple loyer-charges réduit peut donc se révéler moins rationnel que prévu : l'attractivité maximale, se situant dans le 8e ou le 9e arrondissement, serait divisée par 4 lorsque l'entreprise passe le périphérique et par… 76 si elle s'installe en deuxième couronne.

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Dernière modification le 24 mars 2016